06/10/2009

"Mon corps, mon âme,... et moi! ", petit extrait...

Scène 1 :

L'obscurité est complète. Du côté gauche, on entend des bruits lointains : des pas, des voix, du matériel métallique qui s'entrechoque. Il semble y régner une activité intense, stressante. Les bruits s'estompent peu à peu, jusqu'à disparaître.

Du côté droit, une faible musique, très douce, presque céleste. Une lumière diffuse laisse apercevoir une silhouette, perdue, égarée. Celle-ci oscille à droite, à gauche, semblant chercher quelque chose. La luminosité s'amplifie, pour n'éclairer que ce personnage qui, de ce fait, reste figé d'étonnement.

Fred (son âme):

- Dans quel pétrin me suis-je encore fourré ? (Il fait quelques pas, en tâtonnant) Quel drôle d'endroit ! (Il avance encore un peu) Ce qui est étrange, c'est l'amnésie dont je semble souffrir. (Il trouve une chaise et s'assied) Rien, le vide complet. Je crois juste pouvoir me souvenir que je m'appelle Fred. A part ça ! ( Il se lève et tourne sur lui-même en regardant dans toutes les directions) Peut-être est-ce un cauchemar ? (Il essaie de se pincer) Rien ! Je ne sens absolument rien ! Bizarre ! (Il essaie encore) Drogué et enlevé, voilà peut-être l'explication !  (Il avance lentement et heurte, au milieu, une sorte de cloison. Il frappe.) Ohé ! Y a-t-il quelqu'un qui puisse m'entendre ? (Aucune réponse. Il crie plus fort.) Je suis là ! Quelqu'un peut-il me venir en aide ? (Il entend des bribes de conversations animées. Il n'en comprend pas le sens) Par ici, venez par ici !

Ses efforts sont vains.

L'endroit où il se trouve s'éclaire un peu plus. Au fond, il voit une porte ouverte dont l'embrasure est munie de barreaux. Lentement, il s'en approche. Au fur et à mesure, la luminosité derrière la porte s'intensifie, tandis que les barreaux se lèvent, libérant ainsi un passage.

Fred (son âme):

(prudent)

- J'ignore ce qui m'arrive, mais je ne vois pas d'autre issue ! (Il inspecte encore les lieux, comme pris par le doute) Non, pas d'autre moyen de sortir de cet endroit sordide !

La grille est, à présent, presque totalement levée. Fred est prêt à franchir l'étrange porte donnant sur un couloir étincelant. Une voix désespérée le fait stopper net.

Fred (son corps):

- Non, ne fais pas ça,... s'il te plaît !

Fred (son âme) se retourne brusquement.

Fred (son âme):

(ne voyant personne, car il est encore aveuglé par la forte luminosité du couloir)

- Qui a parlé ?

Fred (son corps):

- C'est moi, Fred !

Fred (son âme):

- Vous me connaissez ?

Fred (son corps):

- Fred, c'est mon prénom !

Fred (son âme):

(interdit)

- Quelle coïncidence, vous vous appelez comme moi ! Où êtes-vous ?

Fred (son corps):

- Regarde par ici !

Fred (son âme) devine, du côté gauche, une légère clarté. Il avance à petits pas, comme s'il marchait sur des oeufs. A mi-chemin, il se retourne et constate que la grille se referme. Le couloir, lui,  s'assombrit progressivement.

© Thierry Delvaux. Tous droits réservés.

20:38 Écrit par Thierry Delvaux dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : theatre, piece, extrait, thierry delvaux |  Facebook |

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